Hommage à Victor‑Lévy Beaulieu
Entre colère sacrée et amour du verbe
Il s’est éteint là où bat son cœur d’écrivain : à Trois‑Pistoles, ce coin de pays qu’il avait transformé en repaire de mots et de révolte. Le 9 juin 2025, le Québec a perdu bien plus qu’un auteur. Il a perdu un battant, un bâtisseur, un volcan de littérature.
Victor‑Lévy Beaulieu n’écrivait pas — il déchirait le silence.
Il n’enseignait pas — il semait des incendies.
Il ne cherchait pas la gloire — il exigeait la mémoire.
Avec sa pipe, sa verve rugueuse et son regard perçant, il a planté des livres comme on plante des arbres, pour abriter une langue, une culture, une identité. Plus de 30 romans, des essais fougueux, des pièces de théâtre, des séries télévisées… et une maison d’édition : VLB, ces trois lettres devenues phare dans l’histoire de l’édition québécoise.
Il croyait que l’écriture devait déranger, secouer, éveiller. Il aimait le Québec avec une tendresse brute, une lucidité tranchante, une foi souveraine. Il refusait les médailles comme on refuse les silences tièdes. Il disait non quand tout le monde disait oui.
Aujourd’hui, il laisse derrière lui une œuvre inépuisable, une bibliothèque d’insomnie et d’amour, un testament d’insoumission. Son souffle continue de flotter sur les pages, entre les lignes, dans le cœur de celles et ceux qui n’ont pas peur de penser, de créer, de rêver en français.
Merci, Victor.
Pour chaque mot lancé comme un pavé.
Pour chaque idée portée à bout de plume.
Pour chaque livre écrit comme un acte d’amour pour notre peuple.
